Un soir d'hiver

Publié le 14 janvier 2026 à 23:10

Ce soir, je prends mon courage à deux mains et je décide enfin d'écrire. De partager.

J'écris depuis longtemps dans des cahiers. Parce que les femmes font cela, pour être douces, pas hystériques, pour se contrôler.

Je vais être honnête, je fais cela avant tout pour moi.

J'aime écrire. Lorsque j'écris, les pensées qui ne font que tourner en rond, finissent par prendre forme. Par se structurer. Et la vérité, c'est que cette transition de vie, cette ménopause je n'y comprends pas grand chose. Alors je me dis qu'en écrivant, je vais lui donner du sens.

 

J'ai l'impression d'être la seule femme à vivre la ménopause tellement on en parle peu.

 

J'ai d'abord eu honte d'en parler. Etre ménopausée, c'est être périmée. Je me suis demandée ce que les gens allaient penser de moi s'ils savaient. Je me suis d'abord dit que j'allais le taire, le vivre seule dans mon coin, comme quelque chose de honteux, qu'il ne fallait pas partager. Quelque chose que je devais vivre seule, discrètement, sans déranger le monde autour de moi. Comme une gentille femme qui n'embête personne, qui se fait discrète.

 

Et rapidement, j'ai refusé d'en faire une affaire honteuse.

 

J'ai commencé à le dire. D'abord à mes amies. Puis à mon père. Puis à un homme dont j'étais amoureuse. A chaque fois, le même frisson de peur me traversait. Je le disais timidement, en guettant les réactions. Puis j'ai commencé à le dire avec une touche d'impertinence et de fierté. L'air de dire: "je te verbalise que je suis ménopausée, je parie que je suis la première personne à te l'avouer. Ose donc me faire une réflexion mal placée."

Et les gens ont surtout été surpris. Soit parce que c'était la première fois qu'une femme le leur avouait, soit pour me dire "ah bon, mais t'as quel âge?".


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